Premier séjour en Afrique
Le cœur plein de bonne volonté
Une volonté frénétique
J’me suis dit, je suis là pour aider
Il y a tant de misère dans le monde
Et je me sens concerné
Je n’attends plus une seconde
C’est à mon tour de lutter
Mon avion atterri enfin
Sur le sol de Bamako
Une grande claque dans ma gueule
Et BAM ! J’tombe de haut
Choque culturel en pleine face
Et face à un monde nouveau
Fasciné par la façon
Dont ici fonctionnent les choses
Il y a du bruit partout
Et tant de sons à écouter
Mais quel trafic de fou
Pas de feux, encore moins de priorités
Il y a des chèvres en liberté
Et putain mec, s’qu’il fait chaud !
Attends, c’est moi qui ai flashé
Ou ils étaient cinq sur cette moto ?
Après deux jours à peine
Sur le sol d’Africa
J’ai la sensation étrange
D’avoir toujours vécu là
Il y a une telle hospitalité
Je n’savais pas qu’ça existait
On t’offre d’abord à manger
Puis on cherche à savoir qui t’es
Alors j’repense à l’occident
Et je te jure que ça n’me manque pas
Pour tout dire, pour être franc
J’suis écœuré à c’moment là
Maintenant l’travail commence
Sur le projet d’partenariat
Avec de longs moments d’échanges
De palabres et de débats
On n’est pas toujours d’accord
Mais on peut mettre ça de côté
Le projet commun d’abord
Nos buts sont semblables en vérité
On a certes des choses à apprendre
Mais ca se passe des deux cotés
On ne peut pas bosser ensemble
Si on n’sait même pas s’écouter
Mon point d’vue change sur l’Afrique
J’en apprends tout les jours
L’Afrique que j’vois est dynamique
Sans cesse des projets voient l’jour
Ce n’est pas la pauvreté des sols
Ou le manque d’initiative
Qui fait qu’encore à notre époque
L’Afrique peine à s’en sortir
J’essaye alors d’comprendre
Et je me tourne vers le passé
Les problèmes depuis quatre cent ans
Évoluent sans jamais se régler
Les organismes internationaux
Aujourd’hui, on reprit le flambeau
D’un colonialisme ancré
Dans l’petit cerveau d’ces idiots
Alors j’me rends compte
Que l’travail est à faire chez moi
Que pour faire bouger les choses
Je serais plus efficace là
Et avec le recule
Je me rends même compte avec effrois
Que j’ai plus besoin de l’Afrique
Que l’Afrique a besoin de moi
Car de retour en Belgique
Je peux enfin réaliser
Que ce voyage pour aider l’Afrique
C’est moi qui en ai le plus profité
J’ai tellement évolué
Dans l’espace d’un petit moi
Que j’ne peux que continuer
L’expérience n’s’arrête pas là
Gary, Do It 2008 Mali

