1. Historique de l'association
Les origines de l'AMB remontent à 1973, suite à la grande sécheresse qui sévit au Sahel.
Quelques Belges décident de se rendre sur place pour se rendre utiles. Ils s’installent à Dassa, petit village situé à environ 45 km de Koudougou.
Au fil des années, ils se rendent compte que le problème numéro 1 des villageois est le manque d’eau.
Ils créent en 1978 le « Centre de Développement Rural de Dassa ». Diverses études sur les moyens les plus efficaces pour lutter contre le manque d'eau sont menées. En 1979, le Centre décide de s'arrêter sur la construction d’un micro-barrage. C’est tout naturellement à Dassa qu’ils le construisent sur plusieurs années. Les effets bénéfiques pour le village sont immédiats : réserve d'eau mieux assurée, possibilité d'augmenter le rendement des cultures, recul du phénomène de désertification.
Le bouche à oreille fonctionne. D’autres villages font une demande de construction. De local, le projet prend une dimension régionale. Pour une meilleure efficacité, le siège de l'association est transféré à Koudougou (qui est la ville principale de la province du Boulkiemdé).
Les coopérants belges veulent par ailleurs réduire leur participation en formant des villageois à la technique, pour ensuite leur confier totalement la gestion du projet. Le 25 juillet 1987, le centre obtient le statut d'ONG et est baptisé « Action Micro-Barrages ». L'africanisation du projet s'accélère. Les Belges se retirent progressivement. La direction est confiée à un Burkinabè.
2. La structure actuelle
Un peu moins de 25 ans plus tard, l’AMB est aujourd'hui devenue une structure solide.
Elle fonctionne suivant les règles en vigueur pour les ONG au Burkina, à peu près semblables à celles qui régissent le fonctionnement d'une ASBL chez nous : une assemblée générale composée en majorité de représentants du monde rural dirige l'association. L'AG délègue à un conseil d'administration composé uniquement de bénévoles la gestion de l'association. Le CA choisit une direction technique professionnelle et salariée, chargée de l'exécution des décisions du CA et de la gestion proprement dite des projets sur le terrain.
Cette direction technique est donc en fait le bras d'exécution des décisions de l'AG des paysans, sous le contrôle du conseil d'administration.
L'AMB fonctionne ainsi sur un modèle démocratique.
3. Le travail de l’AMB
I. La progression de la désertification
Si l'AMB s'est spécialisée dans la construction de micro-barrages et d’autres ouvrages hydrauliques (puits, forages) et agricoles (cordons pierreux, diguettes filtrantes, ...) mais aussi dans un travail de sensibilisation des populations villageoises aux bonnes pratiques d’hygiène, à de meilleures pratiques culturales et des campagnes d’alphabétisation c'est d'abord pour répondre aux problèmes du manque d'eau et de l’insécurité alimentaire, dûs en grande partie au phénomène de désertification.
II. Construction et la valorisation d’ouvrages hydrauliques et agricoles ; formation des populations villageoises
Le micro barrage
Le micro-barrage est un aménagement peu élevé, construit en pierres (gabions), en terre ou en béton, non pas tant destiné à créer une réserve d'eau qu'à la retenir le temps suffisant pour qu'elle puisse lentement s'infiltrer et venir alimenter la nappe phréatique.



L'aménagement du micro-barrage comprend souvent le barrage en lui-même avec un déversoir, central ou latéral, pour laisser passer le trop-plein d'eau, au risque sinon de soumettre la digue à une pression telle qu'elle va rapidement céder. Le barrage est souvent prolongé par des digues fusibles, sur chaque côté, pour éviter que l'eau ne contourne l'ouvrage trop facilement.
Stratégie d'action
En premier lieu, l'AMB reçoit les demandes, qui sont beaucoup plus nombreuses que les possibilités de constructions. Il faut donc trier ces demandes et en choisir certaines en fonction d'un grand nombre de critères, dont ceux des aléas techniques, de la configuration du terrain, de la motivation des villageois, de la présence de personnes déjà formées dans les villages, de sites déjà présentés, …
L'AMB rencontre ainsi les villageois, le chef du village et le chef coutumier pour décider du bien-fondé de la demande. Le village doit remplir une fiche de données socio-économiques et détailler ses ressources matérielles, sa motivation, la situation de l'eau dans le village. En fonction de tout cela et de l'argent dont elle dispose, l'AMB va décider d'accepter ou de rejeter (peut être momentanément) une demande.
Une fois la demande acceptée, il y aura beaucoup de réunions de mise au point avant d'entamer les constructions proprement dites ainsi que toutes les formations qui y sont liées. L'avis et les demandes des villageois sont pris en considération ; l'esprit que développe l'AMB est un esprit d'écoute, de partenariat. Il ne s'agit pas d'arriver dans un village avec des plans tout faits et du matériel et de construire des micro-barrages ou de forer des puits. Une telle méthode serait vouée à l'échec.


La seule bonne méthode est de discuter avec la population, de former des personnes, de modeler ensemble un projet. Une fois le projet bien défini, le village doit signer un contrat avec l'AMB. Ce contrat scelle l'accord établi et est signé par les différentes parties. Dans les grandes lignes, il montre que tout le monde est d'accord sur le projet, qu'un responsable des travaux a été désigné, que les villageois s'engagent à payer une partie des frais en nature, qu'il y aura toujours quelqu'un de disponible sur le chantier, que des villageois acceptent d'être formés spécifiquement pour s'occuper de l'entretien et de la mise en valeur de l’ensemble des ouvrages réalisés.
Quant à l'équipe de AMB, elle s'occupe de fournir un appui technique et logistique, d'effectuer les relevés topographiques nécessaires, d'établir les plans des ouvrages, de former les responsables, de fournir certains matériaux et de suivre les travaux. Une fois les ouvrages terminés, commence alors tout un travail de valorisation (mise en place de périmètres maraîchers et rizicoles, réhabilitation de terres abîmées, …) et de formation de la population tant au niveau des bonnes pratiques culturales, sur la gestion des ouvrages qu’au niveau de l’hygiène (utilisation de l’eau d’une manière correcte, …) et de l’assainissement.
III. Valorisation des ouvrages hydrauliques
Une fois la construction terminée, les ouvrages doivent être mis en valeur, c'est à dire, qu'on aménage les alentours du barrage pour optimaliser la construction. Après avoir creusé un bassin de dissipation ou une digue de protection pour éviter l'érosion, on peut développer autour du barrage de nouvelles terres cultivables (cultures maraîchères…), un périmètre rizicole et un système d'irrigation.


Il est également intéressant de prévoir la construction de plusieurs puits, de sorte que les villageois puissent avoir un accès aisé à l'eau, même pendant la saison sèche. A ce moment-là, bien évidemment, le lac sera à sec, mais il y aura encore de l'eau dans les puits pour tout le village. La plantation d'arbres autour du micro-barrage permettra encore de renforcer les effets possitifs de la retenue d’eau. La mise en place de cordon pierreux permettra de traiter les terres dégradées au alentour du barrage.
Effets du micro-barrage, à court terme :
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Sol humidifié par l'eau infiltrée; développement de nouvelles cultures (riz) et amélioration des rendements des cultures plus traditionnelles (sorgho, mil).
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Possibilité de faire du maraîchage en fin d'hivernage : culture de légumes, de patates douces.
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Possibilité d'effectuer autour du lac du reboisement et de planter des arbres fruitiers.
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Possibilité de développer durant quelques mois l'activité de la pêche.
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Abreuvage plus aisé du bétail et reconstitution progressive du couvert végétal.
Effets du micro-barrage, à long terme :
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Terre enrichie par les limons et argiles.
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Nappe phréatique reconstituée, puits alimentés en permanence.
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Les arbres et les herbes survivent même en saison sèche.
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Le paysage verdoyant attire les éleveurs ; le fumier des bêtes fertilisera la terre.
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Des cultures maraîchères pourront être établies en fin d'hivernage car il y aura assez d'eau pour les arroser.
A terme, l’ouvrage est géré par les villageois eux-mêmes qui se seront organisés en comité de gestion. L'AMB pour sa part visitera périodiquement le site pour s'assurer du bon entretien de la construction et de pour veiller à ce que la mise en valeur des ouvrages soit toujours d’application.
4. Les partenaires et programmes en cours
- CODDéSUD avec l’ONG Défi Belgique Afrique
- PAISA (Programme d’Appui aux Initiatives pour la Sécurité Alimentaire avec Bevrijde Wereld, WaterAID et DBA
- Programme de construction de forages avec l’ONG SOS Layettes
- AMB est membre des réseaux ou collectifs d’ONG et d’association suivantes : SPONG (Secrétariat Permanent des ONG), ABADD (Association Burkinabé pour l’annulation de la Dette et pour un autre Développement), CCEPA (Cadre de concertation des associations et ONG du secteur de l’eau potable et de l’assainissement) et SADIO (Sécurité Alimentaire et Développement Institutionnel et Organisationnel Afrique de l’Ouest).




