[ Contactez-nous ]
RSS
Immersion des jeunes africains du Do It

1. Les Do It avec les belges

Comme expliqué précédemment, les jeunes africains qui nous accueillent sur place suivent également une formation préparatoire à notre arrivée. Ils sont les interlocuteurs privilégiés des belges notamment grâce à la correspondance initiée pendant l’année de formation.

Avec eux, nous participons au chantier de reboisement ainsi qu’à de nombreuses autres activités (veillée, journée correspondant, …).

A travers ces quelques témoignages, vous verrez que le Do It, ce n’est pas seulement un échange unilatérale. Chaque participant, belge ou africain, en retire quelque chose.

 Mon correspondant a été pour moi durant le camp un jeune motivé, dynamique avec qui j’ai travaillé sérieusement. Au comble de mes attentes, je me suis aperçu que c’est un jeune qui veut contribuer à faire changer, à faire bouger le monde. Avec lui, nous nous sommes construits un monde sans barrières ni frontières. A travers nos échanges et nos débats, nous avons mis en contact deux civilisations, deux nations, deux continents. Nous avons effacé d’une main commune les préjugés qui s’interposaient entre l’Afrique et l’Europe. Durant le camp de reboisement, nous avons planté le maximum d’arbres, ce qui montre la volonté d’aider les autres à contribuer au développement de l’Afrique. Mon correspondant a été pour moi un ambassadeur du nord. Plus qu’un document, il m’a appris beaucoup sur l’occident, ses cultures, ses hommes  
Ramdé Jean-Didier (Burkina)
 Le camp Do It s’est déroulé à merveille et a surtout été marqué par les liens d’échanges entre Belges, scouts et villageois. A l’arrivée du groupe de belges, tout le village en était retournée et ce qui nous a le plus marqué, c’est l’envie qu’ils avaient de nous connaître et de nous rencontrer. L’échange entre Belges et Burkinabès a été magique et permanent, comme si nous avions tous une nécessité de découvrir d’autres civilisations, de créer des liens d’amitié, de vivre un peu les réalités africaines et européennes. La conclusion du village est que si les échanges battaient leur plein au camp Do It, c’est simplement car il était le lieu de rendez-vous du donner et du recevoir  
Zonga Léa (Burkina)

2. Le séjours d’immersion Sud-Nord

2.1. Introduction

Pour la première fois, le 10 avril 2006, c’est fort de l’expérience acquise au fil de leurs participations à de nombreux séjours d’immersion Nord/Sud avec DBA, que 3 jeunes sénégalais et 6 jeunes burkinabés accompagnés de deux encadreurs hors pair qui n’étaient autres que nos partenaires responsables des cellules ED au Burkina Faso et au Sénégal d’alors (Jean-Baptiste et Sadio) ont pour quitté l’Afrique afin de se confronter à la réalité européenne.

2.2. Les objectifs

L’objectif principal de ce séjour est de permettre à de jeunes africains de devenir acteurs de changement. D’une part, en participant à la sensibilisation des jeunes belges aux injustices d’un système mondial créateur de pauvreté, d’inégalités et d’exclusions aussi bien au Sud qu’au Nord. Et d’autre part, en témoignant de leur expérience auprès de leurs familles, amis et camarades de classe restés en Afrique afin de déconstruire les idées reçues sur l’Europe, les images idylliques qui présentent ce continent comme un bel eldorado et d’être porteurs d’un message de développement endogène construit par et pour le peuple africain et non calqué sur le modèle européen!

En effet, comme disait notre ami Jean-Baptiste : «Trop nombreux sont les africains – les jeunes surtout –qui pensent que les autres doivent leur inventer leur avenir et que leur épanouissement n’est possible que grâce aux autres». Certes, ces objectifs peuvent sembler ambitieux. Ils se sont pourtant révélés à la hauteur des attentes et des aptitudes de nos jeunes amis qui ont su mettre en avant toutes les qualités nécessaires : motivation, ouverture d’esprit, sens critique, générosité, respect et bonne humeur (côté ponctualité il y aura toutefois quelques progrès à faire…) pour faire de ce séjour une remarquable réussite.

2.3. Concrètement, que fait-on durant ce séjour ?

Le programme d’un séjour comme celui-là est assez diversifié, tant au niveau des thématiques abordées que de la nature des activités organisées. Ainsi, les thématiques des réfugiés, de l’économie, des inégalités sociales, de l’écologie, de la démocratie, de la citoyenneté et du partenariat ont successivement été abordées au travers des visites éducatives, des actions sur les chantiers, de la sensibilisation dans les écoles, des immersions, des échanges avec les jeunes belges et de la réflexion sur le vécu.

2.3.1. Les chantiers

L’Europe, si elle est souvent perçue en Afrique comme un continent riche et prospère, abrite également bon nombre d’exclus, qui loin de profiter des bienfaits du système, sont frappés de plein fouet par les inégalités et la précarité. Les jeunes africains vont ainsi également à la rencontre de ces personnes en difficulté: échanges avec de jeunes réfugiés d’un centre d’accueil du FEDASIL et action avec l’équipe d’intervention du Centre d’Action Sociale Urgente.

2.3.2. Les visites

Fort de Breendonck, Parlement Belge, Bruxelles Propreté, Arcelor, Mines de Blegny, commune de Forest, etc. Ces visites, au-delà de leur caractère éducatif (concrétisation de la formation préparatoire de 3 mois dispensée en Afrique avant le départ) permettent d’ouvrir les yeux sur le lourd tribut payé par l’Europe (prisonniers de guerre, conditions de travail très précaires, pollution, etc.) pour atteindre son stade de développement actuel.

2.3.3. La sensibilisation

Si les jeunes africains prennent part à ce séjour, c’est bien sûr pour recevoir mais aussi pour donner en apportant leur contribution au travail de sensibilisation mené par DBA auprès des jeunes belges. Ainsi, au travers de leurs témoignages au sein de plusieurs écoles francophones de Belgique, de leur participation active à un week-end de formation pour les jeunes belges se préparant à partir en séjour d’immersion en été et de leurs interventions devant les parents de ces jeunes, ils enrichissent le travail de DBA et contribuent au changement de mentalité des belges sur l’Afrique. Comme nous le dit si bien Yannick : «Nous aimerions montrer aux belges qu’au-delà des guerres et des famines, l’Afrique, c’est aussi des gens qui se bougent et sont porteurs de projets». N’en sont-ils pas l’exemple le plus éloquent ?

2.3.4. Les immersions

Pour vivre pleinement la réalité d’un pays, rien de tel que de s’immerger complètement quelques jours tantôt au sein d’une ferme afin de prendre part au travail agricole de ses occupants, tantôt au sein d’une famille afin de partager avec elle une journée de fête (Pâques en l’occurrence), ou enfin au sein d’une école, d’une université pour y faire l’expérience du système éducatif.

2.3.5. Les échanges

Entre eux, avec les responsables DBA, la DGCD, les jeunes belges, les intervenants extérieurs,…mais aussi et surtout avec monsieur tout le monde, les échanges sont le moteur de ce séjour et de leur volonté de vivre une expérience humaine avant tout.

2.3.6. La réflexion sur le vécu

Pour cela, quoi de plus normal que de leur laisser la parole.
 La visite des centres sociaux comme le CASU et FEDASIL m’a permis de voir qu’en Europe, ce n’est pas que l’individualisme mais il y a aussi des gens engagés et prêts à aider les autres.  
Théodore
 Ce séjour m’a permis de découvrir que l’Europe est un continent développé mais que la chaleur humaine est quasi inexistante car des hommes sont abandonnés à leur sort alors que d’autres passent la nuit à la belle étoile 
Baggio

Un programme bien chargé me direz vous! C’est vrai que nos jeunes amis ont dû s’adapter à un rythme auquel ils ne sont guère accoutumés mais ça en valait la peine afin de ne pas perdre une minute de cette formidable expérience de vie qui les aura sans aucun doute marqué pour toujours et qui marquera sans doute de nombreux autres africains si de tels séjours sont réalisés …

2.4. Echo de Belgique à propos du séjour Sud-Nord

 Le week-end passé avec Hubert, correspondant sénégalais, était vraiment extraordinaire. Il a été très riche en échanges, j’ai appris des tas de choses et je crois que lui aussi! Nous avons longtemps bavardé et comparé nos différentes façons de vivre. J’en ressors ravie et un peu grandie de voir que je peux me plaindre malgré toutes mes facilités alors que lui garde le sourire tout le temps malgré ce qu’il doit parfois endurer! Une anecdote à ce propos: nous somme allé rouler à vélo avec ma petite soeur et au bout de trois quart d’heure elle se plaignait d’être fatiguée. Hubert nous alors raconté que lui, juste pour cueillir quelques fruits, empruntait le vélo de son voisin et roulait toute la journée sur des chemins de mauvaise qualité avec un vélo très basique. Ma soeur et moi, sur nos super vélos à vitesse et notre route macadamée on s’est soudain senties toutes petites. Il nous alors rétorqué: «Ca me plait, moi j’adore le vélo!» Quoiqu’il en soit, toute ma famille a retiré quelque chose de cette expérience unique, j’ai même surpris mon asocial de grand frère en train d’expliquer à Hubert comment jouer avec sa Play Station! Il n’a JAMAIS fais ça pour moi! Merci à DBA et à tous nos correspondants africains d’avoir permis ce week-end riche en émotions, en fou rires quelquefois (quand Hubert nous a expliqué que les chats portaient malheur au Sénégal et que notre pauvre Chatouille à été bannie de la maison pendant 2 jours car il en avait peur!), en échanges, en apprentissages de l’autre, et en sourires surtout.  
Manon Vanbrabant Do It 2005, responsable DBA depuis 2005
 Ils sont arrivés en Belgique… Nous les attendions… Ils sont allés de surprises en surprises… Nous aussi… Jamais je n’aurais imaginé auparavant voir un tel mélange d’émerveillement et de crainte devant un ascenseur ou un escalator… Qu’est ce qu’Hilarion m’a fait rire en me racontant ses péripéties dans la douche!!! L’air de rien, c’est tout un art de tourner le bouton de droite pour que l’eau ne soit ni trop chaude ni trop froide et celui de gauche pour que ce soit la douche qui s’allume et non le robinet du bain… Nous, ayant toujours vécu avec ces douches «multifonctions», nous tournons tellement mécaniquement ces multiples boutons que nous en oublions toute la subtilité du geste… Pousser à gauche jusqu’au déclic pour ensuite tourner à fond vers le haut en même temps que tourner délicatement à droite jusqu’à la température voulue… De plus, nous côtoyons ces technologies au quotidien si bien que nous en oublions le confort qu’elles nous apportent… Pire encore, à la place de nous en réjouir, nous passons plus de temps à nous en plaindre… « Pfff ! Cet ascenseur est petit et qu’est ce qu’on est serré !», «Grrr !! L’eau ne chauffe pas assez vite !»,… Pourquoi ne sommes nous jamais satisfaits de ce que nous avons ? Sommes-nous seulement conscients de nos attitudes ? Si oui, alors pourquoi continuer de nous plaindre ? A l’avenir, sourions et pensons plutôt «Un ascenseur ! Quelle chance !»… Par contre, si nous n’en sommes toujours pas conscient, il n’est jamais trop tard pour nous remettre en question…  
Tiffany Pâques, membre de l’équipe bénévole depuis 2004
 
Recherche :
 Ma vision de l'Afrique a changé. Quasi tous les stéréotypes que j'avais sont tombés après ce Do it. Oui ma vision de l'Afrique est différente. Plus humaine.  
Julien Janssens, 17 ans, Do it 2007
01530
Jeunes partis avec DBA